Je suis allez chez le coiffeur. Au début je savais même pas ce que je voulais me faire. Quand la jeune femme me lavait les cheveux, j'avais un peu les boules, parce que, qu'est-ce que j'allais dire à la coiffeuse, hein ? Ma mère est arrivée, on m'a mis sur un siège, et j'ai attendu. Claudine me change de place, et me met face à un grand mirroir. Elle m'enlève la serviette autout du cou. Elle me demande ce que je veux. << Euuh . . . Un beau dégradé, pis . . . J'aimerai raccourcir la longeur d'au moins cinq bon centimètres. Et aussi, chuis ma certaine, mais j'aimerai bien une petite frange, enfin, mèche . . . >> Pas de problèmes, juste que, apparemment, ça va vachement tout changer mon visage, mais ça va être joli, patati patata. Elle coupe. Elle coupe. Elle coupe. Elle coupe. Elle coupe. Elle coupe. Elle coupe. Elle coupe. Elle coupe. Elle coupe. Elle coupe. Elle coupe. Elle coupe. Elle coupe. Elle coupe. Et puis, en plus, je la vois qui arrête pas de raccourcir ma frange. Je jette un regard alarmé à ma mère, qui me sourit bêtement. Pfiouuuuuuuuuuu ! Séchageuh de cheveux. Voici le résultat de vingts minutes de stress. J'adore.
HAPINESS ! Arrête de croire que tu es malheureux, et juste parce que t'en as pas envie SOURIS !
Plus mal qu'avant. J'me suis rendue compte de tous les sacrifices que j'avais fait. Pour Eux. Me l'ont-ils rendus ? Je sais même pas. Tout le monde me semble faux. Où sont-ils ? J'ai porté pendant trop longtemps le rôle de celle qui sourit tout le temps, qui doit remonter le moral, et qui doit paraître forte pour montrer à ses amis qu'il y a la joie de vivre. Suis-je si bonne comédienne que ça ? Maintenant je doute de tout et de tout le monde. Mes amis, ma voix, mes rares talents, mon physique, ma famille, moi-même, mon rôle douloureux, ma vie . . . Infernal. Je ne sais même plus quoi penser. Cela a-t-il a voir avec ma douleur ? Un jour, on me délivra sûrement, pour l'instant, je dois encore m'occuper de mes amis, rester un psy pour eux.